Qu’est ce que le vitiligo ?
Le mot prend sa racine dans le latin VITIUM qui signifie
approximativement marque, éclaircissement. Le mot LIGO est assez
commun en latin, il signifie ‘la cause’.
Le vitiligo est une pathologie cutanée relativement commune dans laquelle apparaissent des taches claires sur la peau. Ces lésions dépigmentées blanches ou claires sont la cause d’une destruction ou d’un affaiblissement des capacités des cellules productrices de pigment (la mélanine).
De nombreux chercheurs estiment que le vitiligo serait dû à des troubles immunitaires mais tout n’est pas encore clair à ce niveau. Dans le vitiligo, seule la couleur de la peau est affectée. Sa texture et ses autres propriétés ne sont pas altérées. Le vitiligo est très visible sur les peaux foncées et noires à cause du contraste. De même en cas de bronzage sur peau claire, le vitiligo devient plus visible et peut inquiéter le patient.
Le vitiligo touche environ, à des degrés divers, 1% à 2% de la population mondiale. Dans certains pays, la fréquence peut être un peu plus élevée. On estime à 100 millions le nombre de patients atteint par le vitiligo.
Le traitement du vitiligo est possible et vise à la re-pigmentation. Il est généralement long de quelques mois à 2 ans et la re-pigmentation peut n’être que partielle. Il fait appel, pour l’essentiel, aux techniques de traitement par la lumière UV ou au laser excimers.
Diagnostic du vitiligo
Le vitiligo est un diagnostic d’interrogatoire et d’examen clinique. Le médecin interroge essentiellement sur l’histoire de la dépigmentation, l’histoire du patient en matière d’exposition solaire, l’éventuel survenue précoce de cheveux blancs, d’éventuels troubles de l’immunité dans la famille.
L’examen clinique comporte essentiellement un examen visuel de la peau qui peut être complété par une analyse à la Lampe de Wood. Dans certains cas, le médecin peut être amené à rechercher un trouble sanguin (thyroïde, anémie…) par prescription de prise de sang. Un examen ophtalmologique peut aussi être indiqué à la recherche d’une dépigmentation de la rétine ou d’une uvéïte. Les examens complémentaires peuvent aussi nécessiter une prise de sang à la recherche d’une pathologie de l’immunité (recherche d’anticorps) .
Quels sont les symptômes du vitiligo ?
Les personnes qui développement un vitiligo présentent généralement les premières lésions de dépigmentation sur les zones habituellement exposées au soleil : mains, pieds, lèvres, face des jambes, visage. Le vitiligo peut apparaître de plusieurs façons et avec des extensions différentes. On parle de vitiligo localisé si une seule zone est touchée par les plaques de dépigmentation. Si le vitiligo touche une région préférentielle (exemple un segment de membre, une partie unilatérale du corps) on parle de vitiligo segmentaire. Enfin, si le vitiligo touche l’intégralité des zones du corps, on parle de vitiligo généralisé ou diffus. En plus d’une dépigmentation blanche sur ces zones, certains malades peuvent avoir une croissance de poils blancs sur par endroits (cuir chevelu, sourcils, barbe…).
Pour des raisons encore mal connues, il y a des zones plus volontiers touchées par le vitiligo : la face, les avant bras, les doigts, les poignets, les pieds, les coudes, les genoux.
Quel est le mode de développement du vitiligo ?
La vitesse de perte de pigmentation et l’extension des zones de vitiligo connaissent de grandes variations entre les personnes et parfois sur le même patient. Dans beaucoup de cas, le vitiligo débute dans une petite zone. Le temps faisant, d’autre taches apparaissent pendant que les taches déjà présentes s’accroissent en taille. Certains patients décrivent des vitiligos qui restent stables pendant des années, ou des dizaines d’années puis s’accélèrent brutalement. Dans certains cas, certaines taches de vitiligo peuvent se re-pigmenter spontanément sans traitement.
Chez quelques patients, pas tous, il peut se produire des démangeaisons dans la zone, avant qu’elle ne se dépigmente. Il n’y a pas encore d’explication scientifique ni d’études à ce niveau.
La majeure partie des personnes touchées par le vitiligo développe la maladie avant l’âge de 40 ans, le plus souvent entre 10 et 30 ans. La maladie touche toutes les races. Les deux sexes sont concernés de façon égale. On estime que les personnes qui présentent des désordres immunitaires sont plus à même de développer un vitiligo. On retrouve plus fréquemment ces désordres chez les personnes qui ont des troubles thyroïdiens (hyperthyroïdie), des troubles des glandes surrénales avec insuffisance de production de stéroïdes, certains troubles anémiques.
Le vitiligo n’est absolument pas contagieux. Par contre, il semble actuellement communément admis qu’il existe des facteurs génétiques dans le développement des vitiligos qui peuvent donc toucher plusieurs membres de la famille.
Est ce que des produits peuvent entraîner des poussées du vitiligo ?
Quelques produits chimiques comme les phénols sont connus pour avoir un rôle dans la survenue de vitiligo comme facteur favorisant ou comme facteur déclenchant. Les phénols sont parfois présents dans les produits de décoloration des cheveux, les teintures et produits d’entretien ou de revêtement. D’autres substances chimiques sont peut être en cause, des études plus précises seront certainement réalisées à ce sujet. On manque encore d’informations..
Est ce que le vitiligo expose à plus de risques de cancer ?
Il n’existe pas de position complètement officielle et tranchée sur la réponse cependant de nombreux experts du vitiligo pensent que la maladie n’entraîne pas de risque plus important que la population générale en matière de cancer de le peau. Des investigations sont encore en cours à ce niveau. En matière de traitement du psoriasis par PUVA ou UVB thérapie, la lecture des articles médicaux ne semble pas montrer de risque augmenté de cancer cutané dans la population traitée ou dans la population non traitée par UV. Ceci n’est pas le cas avec le vitiligo mais les récentes études ne semblent montrer que les UVB présentent moins de risque. Elles semblent aussi démonter que l’application d’UVB bande étroite sur des zones localisées permet de limiter au maximum le risque en évitant la peau saine. Des études complémentaires sont nécessaires à ce niveau car les techniques d’UVB bande étroite et laser excimer sont assez nouvelles. Les experts pensent cependant que ces nouvelles techniques présentent des risques moindres que les autres sources de lumières.
Les traitements du vitiligo
Le vitiligo n’est pas une maladie d’évolution grave. Il n’est pas mortel et il n’y a pas habituellement de complications sérieuses à redouter. Il n’existe habituellement pas de symptômes autres que les taches blanches cutanées. On peut cependant redouter un impact psychologique important chez les patients, notamment lorsque le vitiligo touches le visage. Il est donc important de tenter de prendre en charge les lésions. Il convient de noter que certaines parties du corps comme les extrémités (pieds, mains) sont plus difficiles à traiter.
De nos jours, il existe plusieurs possibilités de traiter le vitiligo. L’une des techniques traditionnelles repose sur l’usage des UV (PUVA thérapie) et des crèmes corticoïdes. Récemment, des techniques plus élaborées sont disponibles : lasers excimers, UVB à bande étroite, dermopigmentation, crèmes à base de psoralènes, utilisation de médicaments immuno-modulateurs. Il semble qu’il n’existe pas de technique meilleure qu’une autre. Certains patients peuvent répondre mieux à telle ou telle traitements sans qu’on puisse prévoir. Les experts du vitiligo s’accordent donc pour tester différents traitements différents lors de la prise en charge de la maladie. Un patient résistant à une technique peut fort bien répondre mieux à une autre.
Concernant la durée du traitement, les résultats varient d’une personne à l’autre. Certains patients verront des résultats au bout de 3 à 6 mois de traitement. Certains patients sous immuno-modulateurs pourront voir des effets en 1 à 2 mois. D’autres patients traités par laser ou UV bande étroite peuvent avoir des résultats plus rapides. La règle de base reste cependant : ‘attendre de 3 à 6 mois, avant de voir quelque chose’. Il est parfois nécessaire de pousser le traitement sur une année pour voir des résultats.
La PUVA-thérapie
La PUVA thérapie est l’une des
plus anciennes méthodes pour traiter le vitiligo. Elle est
utilisée dans les lésions étendues, parfois associées à une
prescription orale de psoralène. La méthode consiste à exposer
le patient à des lumières riches en UVA durant 2 à 3 séances par
semaine. Le médecin cherche à obtenir une couleur de peau rosée.
Les risques sont modérés, le plus souvent limités à des
brûlures, troubles digestifs liés aux psoralènes et parfois des
risques de cataracte chez le sujet jeune. Les yeux doivent être
protégés par des lunettes. Les experts ne conseillent pas
l’usage de la PUVA thérapie sur les petites lésions. Il existe
encore des controverses scientifiques en matière de toxicité des
UVA appliqués sur la peau normale. La PUVA irradie de larges
bandes de peau.
Les corticoïdes locaux
Bien que le phénomène soit encore mal compris, les corticoïdes peuvent avoir une action dans la repigmentation de la peau, surtout quand ils sont débutés tôt dans l’évolution du vitiligo. L’application des corticoïdes se fait uniquement sur les taches dépigmentées. On estime, en général, à trois mois la durée du traitement permettant de voir les premiers effets. Il est important de suivre médicalement ce traitement car les corticoïdes peuvent avoir des effets secondaires sur la peau : rides, vergetures, infections. Pour ces raisons, les corticoïdes doivent plutôt être prescrits par périodes plutôt que de façon continue.
Les psoralènes
La photothérapie par crèmes à base de psoralènes est utilisée dans les vitiligos peu étendus (moins de 20% de la surface du corps). Les crèmes sont appliquées sur les taches de vitiligo dans l’heure qui précède le traitement par lumière UV au cabinet. Les séances ont lieu une à 2 fois par semaine. Les effets secondaires sont assez rares : brûlures, croûtes, hyperpigmentation transitoire.
Les UV-B Bande étroite
Les traitements par UVB bande étroite sont une technique assez récente qui permet de limiter ou supprimer l’exposition de la peau saine aux UV et aussi de délivrer des UV-B de forte puissance dans la bande des 311-320 nm. Ces traitements UV bande étroite permet aux patients de recevoir une photo-thérapie comportant moins de risques de brûlures et moins de rayons UV dans les zones qui sont saines. Ils permettent aussi de limiter les effets secondaires des psoralènes de la PUVA traditionnelle car ceux-ci ne sont pas utiles en UVB bande étroite.
|
|
|

Les traitements par tacrolimus
Le traitement par tacrolimus est
relativement nouveau dans le psoriasis. Les auteurs scientifiques
ne sont pas encore tous d’accord entre eux, mais il semble,
qu’utilisé conjointement avec les techniques UV, il parvienne à
améliorer la qualité et la vitesse de repigmentation des
vitiligos.
Les traitements par immuno-modulateurs
Les traitements du vitiligo par médicaments immuno-modulateurs sont encore relativement nouveaux et sujets à controverse dans le monde scientifique. Ils semblent cependant présenter une voie intéressante.
Les traitements par laser excimer
Les lasers escimers, produisant
une lumière calibrée à 308 nm, sot une forme de traitement très
proche des UVB Bande étroite. Les traitements par laser excimers
sont généralement plus chers mais semblent présenter moins
d’effets secondaires que les techniques médicamenteuses ou PUVA
traditionnelle.
Les traitements du vitiligo par greffe de peau
Le traitement par greffe de peau
constitue une possibilité thérapeutique en matière de vitiligo.
Le principe vise à prendre de la peau normale sur une zone non
visible pour aller la positionner sur une zone touchée par le
vitiligo. Si la technique est habituellement bonne, il existe
des effets secondaires on négligeables : la peau peut ne pas se
repigmenter dans la zone greffée. De même, il peut survenir des
cicatrices inesthétiques ou des infections. La technique est
coûteuse en temps et en argent.
Les traitements du vitiligo par dermopigmentation esthétique
Les techniques de
dermopigmentation ne sont pas, à proprement, parler un
traitement du vitiligo, mais plutôt une stratégie de camouflage.
Le médecin utilise des méthodes proches du tatouage pour
recolorer la peau dépigmentée. Les outils utilisés sont les
mêmes que ceux employés par les tatoueurs professionnels. La
dermopigmentation est pratiquée par des médecins qui vont
chercher, par mélange des encres pigments, à reproduire la
couleur de la peau saine puis venir déposer celle-ci dans les
zones blanches. On réserve la dermopigmentation aux vitiligos
stables ne progressant plus. Il convient de savoir que les
encres ne bronzent pas par rapport à la peau saine. Aussi, le
bronzage risque de dévoiler le camouflage. De même, les pigments
peuvent changer de couleur dans les mois qui suivent l’opération
technique, obligeant à des retouches. La dermopigmentation du
vitiligo reste difficile et doit être réservée à des cas
spécifiques entre des mains expérimentées. Elle donne cependant
généralement de bons résultats.
La repigmentation est-elle permanente ?
Il n’existe par de consensus parfaitement établi sur la durée de repigmentation des taches traitées. Il semble qu’on puisse espérer une durée importante de maintien de la repigmentation même si certains patients rapportent une perte progressive de couleur. Les dermatologues experts dans le domaine recommandent la stratégie suivante : détection des nouvelles lésions de vitiligo le plus tôt possible pour un traitement précoce et traitements d’entretien régulier des zones repigmentées par UVB ou par laser excimers. Les progrès de la médecine permettront peut être un jour de traiter la cause du vitiligo et non plus la conséquence (symptôme = tache blanche).




