Qu’est ce que le psoriasis ?

Le psoriasis est une maladie qui touche la peau et les articulations. On suppose qu’elle est liée à des troubles de l’immunité. Elle se présente le plus souvent sous forme de lésions cutanées desquamante, rouges semblant couvertes de neige : plaque de psoriasis. Ces plaques sont le lieu de réactions inflammatoires importantes conduisant à une production excessive de peau. Les cellules s’accumulent en surnombre dans ces régions et donne un aspect neigeux gris-argent ou blanc poudre. Les lésions sont plus volontiers présentes dans des régions comme les épaules, les coudes, la base du cou, les genoux. On peut bien sûr voir d’autres localisations, moins fréquentes comme le cuir chevelu ou les organes génitaux.

Sur le plan académique et universitaire, le psoriasis a été précisément identifié et décrit à Vienne en 1841 par le dermatologue Ferdinand Von Hebra.

Le trouble est une pathologie chronique qui évolue le plus souvent par vagues tout au long de la vie pouvant aller de la zone très localisée à une extension au corps entier. Les ongles sont parfois touchés. Dans 10% à 15% des cas, le patient développe des pathologies articulaires (psoriasis arthritique). Les patients atteints de psoriasis présentent souvent des troubles de type dépression ou de perte de l’estime d’eux même.
Les causes du psoriasis sont mal connues mais on pense que des facteurs génétiques entrent en jeu. On connaît des facteurs ou substance qui aggravent la maladie comme le stress, la consommation importante d’alcool, le tac, les médicaments béta-bloquants, le lithium…

Le psoriasis touche les deux sexes sans distinction. Les premières crises apparaissent généralement entre 15 et 25 ans. On estime que 2% à 3% de la population mondiale est touchée par le psoriasis. Environ 30% des patients développant un psoriasis ont une histoire familiale de psoriasis suggérant un facteur génétique. Le psoriasis n’est pas une maladie contagieuse.. 

Les différentes formes de psoriasis

Le psoriasis peut se manifester sous plusieurs formes. Les variantes comportent des plaques, des pustules…

 

Psoriasis avec plaques

Cet aspect constitue la forme la plus habituelle du psoriasis puisque qu’il représente environ 80% à 90% des cas. Typiquement, la lésion apparaît comme une papule étendue inflammé couverte de squames blanc-argent. On parle de plaques.

Le psoriasis inversé

Il présente un aspect de plaques discrètement inflammatoires. On retrouve cette forme essentiellement sur les zones de plis, particulièrement au niveau génital, aux plis des bras et dans la zone de l’estomac. Chez la femme, on peut en retrouver entre les seins. Ce type de psoriasis est aggravé par le frottement et la sueur. Il favorise la survenue de maladie à champignons (mycoses).

Le psoriasis en goutte

Il est caractérisé par de nombreuses lésions cutanées ovales en forme de goutte d’eau. Cette forme peut être associée à des infections par bactéries (streptocoque)

Le psoriasis pustuleux

Il s’agit d’une forme associant lésions de psoriasis et pustules blanches non infectieuses. La peau autour des pustules est rouge et tendue. Le psoriasis pustuleux est souvent localisé aux mains et pieds, mais peut aussi se généraliser avec des plaques larges réparties aléatoirement sur le corps.

Psoriasis des ongles

Le psoriasis des ongles touches les ongles de mains ou/et des pieds produisant des modifications parfois importantes : fragilisation de la structure unguéale, ongle plus fin ou déformé.

Psoriaris des articulations

Cette forme particulièrement du psoriasis implique le tissu conjonctif qui devient inflammatoire. La maladie peut toucher tout type d’articulation mais se localise préférentiellement à la main et au pied. Le rhumatisme psoriasique touche environ 10 à 15% des patients porteurs du psoriasis.

Psoriasis Erythrodermique

Il s’agit d’une forme assez rare mais grave du psoriasis avec une inflammation et une exfoliation (renouvellement accru des couches de l’épiderme). Il s’accompagne souvent de sensation de grattement, de suintement et de douleur. Le plus souvent, il s’agit de l’aggravement de l’état d’une plaque de psoriasis. Ce type de psoriasis, si la réaction inflammatoire est intense peut compromettre la régulation de la température de l’organisme et rompre la barrière naturelle de la peau vis-à-vis des organismes extérieurs. L’hospitalisation est souvent nécessaire pour éviter les complications potentiellement mortelles.

Le diagnostic du psoriasis et les conséquences ?

Le diagnostic se fait généralement à l’examen clinique visuel. Il n’y a pas de prise de sang spécifique pour confirmer le diagnostic. Dans des cas atypiques ou complexes, il peut être nécessaire de réaliser une biopsie de peau pour assurer le diagnostic.

Etat de gravité du psoriasis

Le Psoriasis est léger dans plus de 2/3 des cas car il affecte moins de 3% de la surface corporelle. Dans 25% des cas, il est modéré car il infecte entre 3% et 10% de la surface corporelle. Les formes sévères étendues concernent les 8% à 10% restant de la population touchée par le psoriasis.

Le degré de sévérité de la maladie est habituellement basé sur des échelles de scores, sur la surface cutanée touchée, sur le degré d’activité de la maladie (fréquence des crises, durée), sur la qualité de la réponse face aux traitements entrepris.

Les effets du psoriasis sur la qualité de vie

Le psoriasis, comme beaucoup de pathologies chroniques a un effet non négligeable sur la qualité de vie des patients. Suivant la sévérité et la localisation des lésions, les malades peuvent interférer dans la vie de tous les jours. Les lésions des mains et des pieds peuvent contre-indiquer certaines professions ou poser problème dans les secteurs des services (métiers de bouche). Les lésions visibles sur le visage peuvent avoir des répercussions psychologiques avec dépression. Les formes articulaires de la maladie peuvent entraîner des arrêts de travail fréquents et poser des problèmes à l’embauche de même que les lésions du visage peuvent indisposer un employeur dans les métiers au contact du public.

Quelle est la cause du psoriasis

Les causes précises sont encore mal connues. Le psoriasis est un désordre dans la production de l’épiderme et des kératinocytes. On évoque des troubles immunitaires conduisant à une production anormalement élevée de cellules de la peau. Certains traitements immuno- suppresseurs ont parfois montré une efficacité avec un effacement du psoriasis.

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Les traitement du psoriasis ?

La stratégie de traitement du psoriasis se conçoit pas pallier en fonction de la sévérité de la maladie. Pour les psoriasis légers, le traitement initial comporte essentiellement des applications de crèmes sur la peau. Pour les psoriasis résistants ou les psoriasis modérés, les traitements à base de lumière ou photothérapie (PUVA, Laser & UVB bande étroite) sont privilégiés. Enfin pour les psoriasis sévères, ou résistants aux autres méthodes, les dermatologues utilisent des médicaments par voie générale (prise par la bouche ou en injection) : immunosuppresseurs, méthotrexate, rétinoïdes.

Pour les psoriasis devenus résistants, il est intéressant d’alterner les traitements. On parle de rotation thérapeutique.

 

La photothérapie du psoriasis: laser et UV

Depuis longtemps, on connaît les bénéfices du soleil sur l’évolution du psoriasis. On a pu isoler la longueur d’onde bénéfique pour les lésions. Il s’agit des UV-B entre 315 et 280 nm.

La PUVA thérapie a longtemps été utilisée dans le traitement des psoriasis étendus avec cependant le désavantage de toucher les espaces de peau saine où le traitement n’est pas utile.

Depuis le début du 21e siècles, dans les années 2002, sont apparues des techniques dérivées de la PUVA mais présentant l’avantage de ne traiter que les lésions en préservant la peau saine. Il s’agit des traitements par laser excimer 308 nm ou des lampes flash excimers (ou UVB bande étroite) émettant autour de 310 nm. Elles présentent l’avantage de délivrer une énergie forte sur une très petite zone de traitement. Cet avantage permet de ne traiter que les plaques malades en préservant la peau périphérique n’ayant pas besoin de traitement. La forte densité d’énergie de ces machines permet de raccourcir la durée des séances.

Les traitements excimers ou UVB bande étroite ont des effets assez rapides au bout d’une dizaine de séances. Les séances sont espacées d’une semaine environ. Elles permettent d’obtenir des rémissions parfois extrêmement longues

Les traitements lasers du psoriasis sont souvent associés à l’utilisation de crèmes locales qui potentialisent l’effet de la lumière et donc l’efficacité des séances de lumière UV. On parle, dans ces cas, de photo-chimithérapie (qui n’a rien à avoir avec le mot chimiothéapie qu’on retrouve dans le traitement des cancers).

Les traitements UV nécessitent le port de lunettes spéciales pour éviter d’abîmer l’œil et lui faire risque la cataracte. De même, la peau saine doit être évitée afin de ne pas augmenter le risque de cancer cutanés liés à une trop forte exposition au soleil.